Premier bilan (6)
de Arthur


6e partie


— Que ce passe-t-il ?
— Cyril. Il est en train de faire une connerie.
D'un bond je suis hors de ma chambre, je cours à la cuisine.
— Maman, il faut que tu m'amènes au métro, tout de suite.
— Je ne suis pas ton chien.
— C'est très important, et très urgent. Juste au métro, s'il te plait.
Elle prend les clés de la voiture, me pose devant la sortie de métro. C'est le moyen le plus rapide pour y aller. Je cours, et moins de dix minutes après son appel, je suis à l'hôpital. Élodie m'attend à la porte d'entrée. Elle court jusqu'à l'ascenseur, nous montons au dernier étage. Elle me résume rapidement la situation :
— Je ne sais pas comment ça se fait. Il est sorti de sa chambre, il est monté sur le toit. Il menace de se jeter dans le vide.
Mon cœur bat douloureusement dans ma poitrine. Nous arrivons au dernier étage. Une porte donne sur le toit. Je le vois, il est sur le rebord, derrière la barrière de sécurité qu'il a enjambée. Un médecin essaie de lui parler. Je crie :
— Cyril, fais pas ça !!
Il se retourne. Je cours jusqu'à la barrière, il dit :
— N'avance pas ou je saute.
Je ne sais pas ce qu'il a prit, mais j'ai répondu :
— Si tu le fais, je saute aussi.
J'enjambe la barrière, je regarde en bas. Grave erreur, nous sommes au vingtième étage, c'est assez impressionnant. Je dis :
— Oh putain.
Cyril réagit et dit :
— Ne fais pas ça. c'est moi qui saute, toi tu restes sur le toit, à l'abris.
— Pas question.
— Pourquoi tu fais ça ?
— Et toi ?
— Toi d'abord.
— Non.
— Tu m'as menti. Tu ne m'aimes plus. Tu dis ç pour avoir bonne conscience. En fait, ça fais longtemps que u m'as oublié. Si je meurs, tu te sentira coupable, mais en fait, dès que tu iras mieux, tu retournera dans les bras de l'autre.
— Quel autre ? Mais arrête de dire des conneries, Cyril. On va discuter de ça au chaud.
— Pas question. N'essaie pas de m'embobiner. Je vous ai vus, l'autre jour !
— Mais de quoi tu parles ?
— Vous étiez tous les deux, Rue de la République, vous vous êtes embrassés sur la bouche, en pleine rue. C'était pas seulement une main sur le cul. C'était un vrai baiser !!
— C'est lui qui m'a embrassé !
— Tu n'étais pas contre !
— D'accord. Nous sommes sortis ensemble pendant quatre jours. Je me suis rendu compte que je ne pourrais jamais sortir avec lui. Mon cœur affiche complet. C'est toi que j'aime, crétin. Si tu saute, je saute. Ma vie sans toi ne veux rien dire. C'est l'espoir de te retrouver qui m'a maintenu en vie. Sans toi, je ne suis rien. Si tu meurs, je me tue.
Il pleure, et me dit :
— Je ne te crois pas. Prouves moi que tu m'aimes.
— A ton avis, si je porte ton pull, c'est parce que j'en ai plus chez moi ?
— C'est bien possible.
— Tu fais chier, Cyril. Maintenant tu vas enjamber cette barrière, et te mettre à l'abris.
Je m'approche de lui, je le touche maintenant. je prends appui sur une main, je balance un pied dans le vide pour rapidement le poser de l'autre coté de Cyril. Je fais de même avec la main gauche. il se retrouve coincé entre moi et la barrière. Je lui murmure :
— Je t'aime Cyril. Si tu veux sauter, il faudra que tu me sautes dessus.
Il me serre contre lui, et m'embrasse avec violence. J'ai l'impression de donner de l'eau a un assoiffé, de l'air à un asphyxié. Notre baiser dure longtemps. Je lui murmure à l'oreille :
— On boit un café ?
— OK.
Nous passons de l'autre coté de la barrière, sous le regard soulagé du personnel présent. Élodie me sourit. Je tiens Cyril par la main. Nous redescendons dans sa chambre: c'est déjà 20 heures. Les plateaux repas sont repartis depuis longtemps. Il s'arrête devant les fleurs que je lui ai offert et il me dit :
— Je ne t'ai pas remercié.
Il se tourne vers moi, m'embrasse et me murmure un merci qui ferait fondre la glace. Un infirmière entre. Elle dit :
— Allez, maintenant vous vous couchez. Je vais faire les soins, il faudrait que vous sortiez.
Je sors donc, à contre cœur. Je vois Élodie et je lui dis :
— Merci de m'avoir prévenu. Je vais rester encore un peu ce soir, je reviendrais demain.
— C'est pas la peine pour ce soir. On va lui donner un calmant, il se tiendra tranquille cette nuit.
— Pourquoi, il va bien maintenant. vous avez vu, il est revenu de lui-même sur le toit, et il parle. Il est guérit.
— Non, c'est plus compliqué. La dépression c'est quelque chose de très complexe, on ne sait pas grand chose dessus. Nous allons le garder encore un moment en observation. Au moins jusqu'à la fin de la semaine prochaine. S'il ne fait pas de rechute, alors oui, il pourra sortir. Ses calmants, il doit les prendre, et il faut qu'il soit encore soigner.
— Mais il va bien !
— En apparence, oui. Tu ne peux savoir le nombre de patient qui simulent une amélioration de leur état, pour que la surveillance se relâche, et dès qu'ils le peuvent, ils recommencent.
— Pas Cyril ! Je l'ai vu dans ses yeux.
— E tu crois c'est une source sur pour faire un diagnostic ? Tu n'es pas médecin, tu n'est pas en mesure de juger.
Je ne peux que m'incliner. Elle a peut-être raison. Qu'est ce que je ferais moi, s'il recommençais ? Je culpabiliserais à mort. Qu'il reste encore six jours ici, qu'il soit complètement remis. L'infirmière sort de la chambre, Élodie et moi entrons. Ce que je vois me glace d'horreur. Cyril est dans son lit, tentant vainement de garder les yeux ouverts. Sa bouche est ouverte, il respire difficilement. Je demande :
— C'est normal ?
— Oui, c'est très rapide.
— Qu'il soit dans cet état ?
— Ce sont des calmants !
Mon cœur se révolte. Le voir dans cet état m'écœure. Il ne voit plus personne, murmure le mot soif. Elle brasse un instant dans la pièce. Je dis :
— Je reste quelques instants et je rentre chez moi.
— D'accord. Merci pour ton aide.
Elle repart. Je m'assieds à coté de son lit. Je prends sa main, l'embrasse tendrement. C'est plus fort que moi, je murmure :
— Cyril, qu'est ce qu'ils t'ont fait ?
Il faut que je rentre, rester ici ne sert à rien. Je me lève, je me penche sur son visage et je l'embrasse sur la bouche. Alors que je retire mes lèvres, les siennes s'accrochent, et il me rend mon baiser. J'ouvre les yeux et je croise les siens, rieurs. J'ai un mouvement de recul, dû à la surprise. Il sourit et dit :
— Ne pars pas tout de suite. Reste encore un peu.
— Et ton calmant ??
— Ah, oui, tu pourrais le mettre aux toilettes, s'il te plait ?
— Tu m'as fais peur, crétin.
— Un peu de respect, s'il vous plait !
— Je t'aime.
— Moi aussi.
Ma mère m'appelle sur mon portable, elle veut que je rentre. Après un long baiser, je laisse Cyril, lui promettant de revenir le lendemain.
Pour la première fois depuis longtemps, je m'endors heureux. Je sais que Cyril va mieux, même s'il doit rester encore quelques temps là bas. Les calmants m'ont beaucoup inquiété, mais je trouve qu'il gère très bien la situation. Je ne me fais pas de soucis pour lui, il s'en sortira très bien. Pour la première fois depuis des mois, je dors d'une traite jusqu'au matin, enfin jsuqu'à ce que je reçoive cet appel.
Je mets quelques secondes avant de comprendre l'heure affichée à mon réveil. 7:42. c'est mon portable qui sonne qui m'a réveillé. C'est un crime d'appeler aussi tôt. Je décroche. Quand j'entends la voix d'Élodie, je me redresse dans mon lit, mort d'inquiétude. Elle me dit :
— Excuse-moi de te réveillé, Arthur, mais il faudrait que tu viennes.
— Qu'est ce qu'il a encore fait ?
— Viens.
Je me lève donc, mais comme les parents dorment encore, je décide d'aller à pied jusqu'au métro. J'imagine déjà tous les scénarios possible, le trouver mort dans son lit, je crève de trouille. Le métro ne semble pas avancer, sa lenteur m'exaspère. J'arrive enfin à l'hôpital. Je trouve Élodie et lui demande :
— Comment va Cyril ?
— J'aimerais bien le savoir.
— Comment ça ?
— Il a disparu. Il a pris ses affaires, son bouquet de fleurs, et il est parti.
— Quand ? Vous savez où il est allé ?
— Non. L'infirmière de garde est passée à six heures, il n'y avait plus personne dans sa chambre. Nous avons cherché dans tout l'hôpital, rien.
— Il devait être surveillé, non ?
— Oui.
— Alors comment expliquez-vous qu'il sorte deux fois de sa chambre en moins de 24 h sans que personne ne s'en aperçoive ??
— Je ne sais pas.
— Je peux voir sa chambre ?
— Venez.
Il ne reste, comme elle l'a dit, plus rien. mais où est ce qu'il est encore passé ? Il me fatigue. Je ne compte pas passé mes journées à lui courir après, à le chercher Dieu seul sait où. Élodie m'annonce qu'il a laissé de l'argent pour les frais d'hospitalisation, ce qui ne m'étonne pas de lui. Elle me dit aussi qu'il faut que je le cherche et que je le ramène. Je lui réponds que je le chercherais, mais que je ne le ramènerais pas. A mon expression déterminée, elle comprend que rien ne me fera changer d'avis. Je pars donc dans Lyon, recommençant cette quête interminable. Évidemment, je ne le trouve pas. Je suis las. las de lui courir après, las de chercher vainement. Vers midi, je rentre chez moi. Je sais que mes parents doivent être furieux, mais je trouverais bien une excuse bidon. Quand j'entre, j'entends des voix parler à la cuisine. Je suis inquiet. Que se passe-t-il ? Lorsque j'entre dans la pièce, je trouve&Mac183; Cyril. Je ne veux pas que les parents posent des questions :
— Cyril, tu es déjà là ? Je croyais qu'on devait se retrouver à midi.
Ma mère prend la parole.
— Où tu étais, toi ?
— Je suis allé chercher le pain et des croissants.
— Et où ils sont ?
— J'en ai pas trouvé.
— Tu te fous de moi ?
— Non.
— Ne me répond pas.
Cyril se lève et dit :
— Je ne vais pas vous déranger plus longtemps.
— Mais non, reste. Si tu avais rendez-vous avec Arthur, allez dans sa chambre. Arthur, on ne reparlera plus tard.
Je vais dans ma chambre, soulagé et furieux. Cyril me suit, silencieux.
— Où tu étais encore passé ? J'étais inquiet moi !
— Moi aussi je suis content de te voir.
Je me jette littéralement sur lit et je l'embrasse. Avec une voracité rarement utilisée. Bien sur il me rend mon baiser et je m'envole. Tous les soucis que nous avons rencontré s'effacent. Il est là, vivant, dans mes bras, il m'aime et je l'aime. La vie est belle, je la croque à pleines dents. Je redécouvre le goût de sa bouche, de ses baisers, de son amour. Je revis, ma vie recommence, exactement comme elle avait commencé, dans ses bras. Le temps perd son cours, seul ce contact importe. Il s'arrache à mon étreinte et dit, exagérément essoufflé :
— Tu veux m'étouffer ?? Je reconnais que c'est la manière la plus agréable de mourir mais quand même !
— Ne parle plus de ça.
Mes doigts s'attardent sur les bandages qu'il a au poignet. Élodie m'avait dit qu'ils les enlèveraient lundi. Ils vont avoir du mal. il garde le silence, puis enfouit sa tête dans mon cou. J'entends :
— Tu m'a manqué.
Des larmes coulent dans mon cou, je lui caresse le dos, amoureusement. Je lui dis :
— Tu dors où ce soir ?
— A l'hôtel.
— Tu déconnes ?
— Oui.
— Reste dormir à la maison. On dira aux parents que tu reste que cette nuit, que tes parents sont d'accord. Elles sont où tes affaires ?
— Sur le rebord de ta fenêtre.
— Pardon ?
— Je ne me voyais pas arriver, avec toutes mes affaires, chez toi. En plus ce sont tes parents qui m'ont reçu, je ne savais pas que tu n'étais pas là. Je ne voulais pas non lus les laisser dehors, alors voilà.
— Pourquoi tu n'es pas allé chez toi ?
— Si je te gêne, je peux encore partir.
— Je suis très heureux et très fier que tu viennes chez moi.
— Je ne veux pas qu'ils me posent plein de questions, je ne veux pas qu'ils regardent mes cicatrices avec dégoût.
— Cyril, tu es le bienvenu chez moi. Par contre, il n'y a qu'un seul lit…
— Quel manque de chance !!
Il rentre ses affaires dans la chambre. Voir que sa vie tient dans deux sacs de voyage me fait mal au cœur, il ne comprend pas que je l'embrasse. Ma mère nous appelle pour qu'on vienne manger, je dois le lâcher. Son contact me manque déjà. Une fois à table, je dis :
— Cyril va rester dormir ici une nuit ou deux.
— Ah bon ? Ses parents sont d'accord ?
— Bien sur.
Cyril intervient.
— Il faut évidemment que vous soyez d'accord.
Ma mère lui sourit, elle l'aime bien. elle regarde mon père et dit :
— Il n'y a qu'un seul lit dans ta chambre, et on n'a rien d'autre à lui proposer que le canapé.
Oh maman si tu savais !
— Je dormirais par terre et lui dans mon lit.
— Vous ne faites pas trop de bruit la nuit et tout ira bien.
Ils ont accepté !!!! C'est génial, mon bonheur doit se lire su mon visage car mon père dit :
— Tu viens de faire des heureux.
Pour le coup, je l'aide à débarrasser. Nous regagnons ma chambre. Je lui dis :
— On va dans Lyon, a cinéma, ou au Parc de la Tête d'Or ?
— Pourquoi pas les deux ?
Nous passons un après midi fantastique. J'oublie tout ce qu'il vient de se passer ces deux derniers mois, je profite d'avoir Cyril à coté de moi. Nous restons discrets, nécessairement, mais notre bonheur doit se voir. J'ai envie de crier au monde entier, aux passant, aux guépards, que je l'aime, et que ma vie c'est avec lui que je veux la vivre. À défaut je lui dit à lui, Cyril, l'homme de ma vie. Il sourit et ça me touche au plus profond de mon cœur. Et quand sur ses affaires, j'ai vu, dans la chambre tout à l'heure, mon bouquet de fleurs, j'ai craqué. Ce sont les petits détails, qui comptent le plus pour moi. Nous rentrons à la maison vers sept heures du soir. Ma mère ne comprend pas quand nous lui proposons de nous occuper du repas. Nous la mettons dehors, devant la télé, nous fermons la porte de la cuisine. Un peu de musique, et c'est parti. Pour le repas en lui-même, nous nous appliquons, parce qu'il faut quand même bien manger. Dès qu'arrive le moment de faire la vaisselle, les choses dégénèrent et la cuisine se retrouve inondée, et nous trempés. Mais quelle partie de rire !! Nous nettoyons rapidement avant que ma mère nous engueule. Miraculeusement le repas est délicieux, et les parents sont ravis. Mon père glisse même :
— Il faudrait que Cyril vienne plus souvent.
Pour une fois le repas est animé, les rires fusent. Cyril répond obligeamment à toutes les questions de mes parents et il ment avec une facilité déconcertante. Le repas terminé, nous montons dans ma chambre. à peine le seuil de la porte franchi, nous nous embrassons. Dire que j'ai passé près de deux mois que je ne l'ai pas embrassé, il faut que je me rattrape. Je lui propose de passer à la salle de bain, malgré l'heure, comme nous pourrions nous mettre au lit pour regarder la télé. J'ai réussi à l'obtenir dans ma chambre pour Noël. A neuf heures et demi, nous sommes au lit, comme les petits vieux. Blottis l'un contre l'autre, nous regardons un film vaguement intéressant. Son corps réchauffe le mien, je suis bien. son poignet est hors de la couette, je ne comprends toujours pas son geste. Ou plutôt je refuse de croire ce que j'ai compris. Le temps passe vite, c'est déjà minuit. Après un passage obligé aux toilettes, nous retournons nous coucher. La maison est glaciale et je suis frigorifié quand je retourne dans ma chambre. Sous la couette, je me blotti contre Cyril. Il m'embrasse. Involontairement je touche sa cicatrice, il esquisse une grimace de douleur. Je m'excuse immédiatement. J'éteins la lumière et nous voilà plongés dans le noir. Cette obscurité dans une atmosphère très intime, propice aux confidences. Malgré mon bon sens, je demande :
— Pourquoi tu as fais une telle chose ? Je ne comprends pas.
Je ne peux pas voir visage mais je sens son corps qui se tend. Il reste silencieux un moment, ce qui me fit croire qu'il ne me répondra pas. Au moment où j'allais renoncer, j'entends :
— Je t'ai suivi pendant quelques jours. Je t'ai toujours aimé, et me savoir loin de toi m'empêchait de dormir. J'avais trouver un coin sympa à squatter, mais sans toi, c'était pas facile. Alors je m'amusais à te suivre. J'avais l'impression de faire encore un peu partie de ta vie. En quelques sorte je vivais la même choses que toi. Je suis allé avec toi à la fac le premier jour, j voulais partager ce moment avec toi, je me doutais que c'étais pas facile. Je suis aussi allé avec toi chercher les livres dont tu avais besoin.
— Pourquoi tu ne voulais pas te montrer ?
— Je ne faisais plus partie de ta vie. Tu m'avais plaqué, tu en voulais plus me voir. J'avais l'impression que tu me détestais, et que j'étais définitivement rayé de ta liste d'amis. Une fois je crois que tu m'a vu. tu étais chez toi, pratiquement nu, et tu regardais la ville par la fenêtre. Ça faisait un petit bout de temps que je te regardais, quand ton voisin m'a viré. Je suis parti en courant. Je ne voulais pas que tu crois que je te harcèles, que je te suive comme un toutou, que je me la joue parasite. Ce jour là, je te suivais. Tu sortais de la Fac, tu étais avec un ami. Vous etes allés Rue de la République. J'étais content pour toi parce que tu avais des mais, j'étais fier de ta capacité d'intégration. Tout allait bien quand vous vous êtes embrassés. À cet instant, mon cœur a lâché. J'avais une boule de feu dans le corps, la douleur était insupportable. J'ai compris que tu m'avais définitivement oublié. J'avais beau me le dire depuis plusieurs semaines, il restait toujours cet espoir imbécile qui pousse à penser que tout peut s'arranger, que tu vas te rendre comptes de ton erreur. Ce que j'ai vu ce jour là m'a ouvert les yeux :je faisais désormais partie de tes souvenirs, je n'étais plus rien pour toi. J'ai traîné le reste de l'après midi dans Lyon, ressassant cette douleur qui croissait de minute en minute. Et puis, je me suis rendu compte que moi sans toi ça ne voulait rien dire. Que me lever tous les matins te sachant dans les bras d'un autre, je ne pourrais pas le supporter. Que moi je ne pourrais jamais plus aimer quelqu'un comme je t'ai aimé ? Ma vie n'avait aucune raison d'être. Je me suis souvenu de tous les bons moment que nous avons passé ensemble, et je me disais que désormais tu les passerais avec un autre. Que tu t'émerveillerais devant le bébé girafe avec un autre. Que pour toi, je ne serais qu'un amant, un histoire comme tant d'autre. Que j'allais sombrer dans l'anonymat de tes conquêtes, et ça je ne pouvais pas le supporter. Parce que pour moi, tu resterais toujours le seul et l'unique que j'ai autant aimé. J'avais un cutter sur moi, comme toujours. Un instant, j'ai voulu mourir. Mon esprit a immédiatement chassé cette idée avant de l'analyser. Sans parents, sans amis, sans toi, pourquoi vivre. Refaire ma vie, je ne pouvais pas. Je n'en n'avais pas la force. Si c'est ta question, oui, j'ai voulu mourir. Je me suis coupé une première fois, puis une deuxième. Une troisième, et encore et encore. Parce qu'a chaque coup de rayais cette image que j'avais de toi en train de l'embrasser. C'est très dur d'aimer quelqu'un à la folie, et de ce rendre compte que pour l'autre tu n'est plus rien. Oui je me suis acharné sur cette peau, si résistante, sur ce sang qui ne voulait pas quitter mon corps. Oui j'ai regardé ce flot rouge se déverser hors de moi, j'étais content de le voir, j'étais soulagé de me dire que cette souffrance était finie. J'appréciais de me dire que la vie, pour moi, c'était fini. Basta, j'avais donner assez. Rien ne pouvait pus m'atteindre que te voir avec un autre. C'est peut-être de la jalousie maladive. C'est de l'amour en sens unique. J'ai regardé ce sang coulé jusqu'a ce que je ne sois plus conscient de rien, j'en éprouvais un plaisir pervers. La douleur disparaissait progressivement.
— Et quand tu t'es réveillé à l'hôpital ?
— Je me suis rendu compte que j'avais échoué, une fois de plus, que je n'étais qu'un bon à rien, même pas capable de me tuer. Avec moi s'est réveillé la douleur. Chaque respiration me faisait un mal de chien. Quand je t'ai vu, j'ai cru tout d'abord que j'hallucinais. J'avais l'impression de voir un ange, venu enfin me chercher. Non, ce n'étais que toi, le bourreau de mon cœur. Bien sur tes fleurs m'ont touchées, mais il manquait juste les mots que j'attendais, naïvement. Je t'aime. Il a fallu quatre jours pour que tu me le dises. Mon égoïsme me surprend autant que toi. Je me sentais trahit, au plus profond de moi.
Mon visage ruisselle de larmes, ses propos me bouleversent. Je trouve pourtant le courage, ou l'impertinence de lui dire :
— Tu comprends alors ce que j'ai ressenti.
— Moi, ce n'était pas pareil.
— Pourquoi ?
— Je ne l'embrassais pas à pleine bouche en plein milieu de la Rue de la République. Ce que tu n'as jamais voulu faire avec moi.
— Tu lui mettais la main au cul, ce que tu n'as jamais voulu faire avec moi !!
— Tu devrais te réjouir de ne pas être traité en égal par rapport à lui.
— Parce que tu instaures une échelle de valeurs parmi tes amants ?
— Parce que je le baise pour son fric !
— Pardon ?!?
— Laisse tomber.
— J'ai peur de ne pas avoir compris.
— Lâche l'affaire.
— Non, il en est hors de question. Je ne veux plus que tu me caches de trucs, Cyril. J'en ai marre de jouer aux devinettes avec toi, marre de devoir ruser pour te tirer les vers du nez. Pourquoi tu m'as répondu comme ça le jour où je t'ai vu…
— Quand je t'ai dit : c'est ça dégage ?
— Exactement.
— Tu m'agressais. Tu ne cherchais pas à comprendre, tu tentais de te défouler. Tu crachais ta colère sur les autres. Tu n'aurais pas écouter ce que je te disais.
— Pourquoi tu es parti de chez toi ?
— Parce que je ne pouvais pas supporter ton regard de dégoût sur moi. Ma seule arme face à toi, c'est la fuite.
— Pourquoi tu es parti de l'hôpital ce matin ?
— Parce que les infirmières m'ont dit que je pouvais partir.
— Tu mens. Tu devais sortir vendredi ?
— Il est hors de question que je reste jusqu'à vendredi dans cet endroit, de même qu'il est impensable que j'y retourne.
— Qui c'était ce mec ?
— Tu veux vraiment le savoir ?
— Pourquoi je te pose la question à ton avis ?
Le silence me répond. J'entends à peine sa respiration. Il me dit :
— Tu ne me regarderas plus jamais comme avant.
— Ce fais une semaine que je ne te regarde plus comme avant. La douleur que tu a traversée, je l'ai subie, moi aussi. je ne me suis pas pour autant…
— Pourquoi tu ne veux pas le dire ? Pourquoi tu ne prononce jamais les mots justes ?
— On s'en fout. Je ne te savais pas fou à ce point. Une seule chose est sure, je t'aime toujours. Alors, crois-moi, je peux accepter beaucoup de choses.
— Je t'ai dit que je travaillais, mais jamais ce que je faisais. L'homme qui était avec moi l'autre jour, c'est un client. Je couche avec des mecs, ou avec des nanas, tant qu'ils ont l'argent. Je fais la pute. Juste pendant les vacances, parce que je gagne pas mal de fric et que le reste de l'année, je fais attention à économiser.
— Je croyais que tu en voulais pas coucher avec moi parce que tu étais vierge, mais en fait, c'est parce que sexuellement, tu es satisfait.
— Tu ne sais rien de moi !! Je déteste faire ça. je hais ces mains qui me manipulent, qui ma palpent, après m'avoir donner de l'argent. Je ne prends jamais de plaisir, jamais. Tu ne peux pas m'accuser de prendre mon pied avec la moitié de la ville. Ils veulent du sexe, ils en ont. Ils veulent jouir, ils jouissent. Moi, je ne suis que l'instrument de leur plaisir.
Il y a peut-être deux minutes de silence, pendant lesquelles je réfléchis. Mon cœur s'est glacé quand j'ai appris ce qu'il faisait. Pourtant, je l'aime, à la folie, et tant pis pour ce qu'il a fait. D'ailleurs, il l'a dit lui-même, il le fait par nécessité. Je ne pense pas qu'on puisse le faire par plaisir. Pour gagner de l'argent facilement, rapidement, d'accord, mais pas par plaisir. il s'est donné à d'autres personnes, il me dit que c'est sans plaisir et je le crois. Il ment avec facilité à mes parents, à tout le monde semble-t-il, mais j'ai la naïveté ou la prétention de croire que ce n'est pas le cas avec moi. Parce que tout ce qu'il m'a dit avant m'a énormément touché, parce que je n'ai pas l'intention de le reperdre. Il bouge brusquement, et ça me tire des mes pensées. Je lui dis :
— Qu'est ce que tu fais ?
— Je vais dormir par terre, je crois que c'est mieux.
Il est à moitié redressé dans le lit, je l'attrape par le ventre, le force à se recoucher, et pour toute réponse je le couvre de baisers. Il se laisse faire au début, puis prend plaisir. nous dormons ainsi, l'un dans les bras de l'autre. C'est la plus belle nuit que je passe depuis… longtemps.
La journée de dimanche passe tranquillement, nous restons à la maison. Les activités ne manquent pas, et quelles qu'elles soient, nous y prenons beaucoup de plaisir. le simple fait d'être ensemble change tout.
Il ne peut pas rester plus, nous avions prévu une nuit, plus ne serait pas raisonnable, et il comprend parfaitement que je ne veux pas que mes parents se doutent de quelque chose. Demain je vais en cours, il va traîner je ne sais où. Je ne sais pas où le joindre, il avoue laisser son portable au fond d'un sac. Et qu'il ne veut pas gaspillé son fric dans un forfait. Je lui donne rendez-vous samedi prochain au Parc, à 13 heures. Vers sept heures, il part, et je dors dans un lit glacial.
La semaine passe lentement, j'attends samedi avec impatience. Je compte les jours, les heures. Mardi soir, je n'en peux plus. Il faut que je lui parle. J'appelle chez lui et je demande à thomas s'il n'a pas de nouvelles de Cyril. Rien du tout. Il n'est pas rentré. Je m'inquiète évidement, et le doute s'installe en moi. Si il m'avait menti, s'il s'était foutu de moi ? Ses suppositions qui en temps normal m'aurait semblées ridicules retiennent aujourd'hui mon attention et insinuent le doute dans mon esprit. Samedi arrive, je vais au rendez vous avec un quart d'avance. Il est déjà là, devant le bébé girafe. Mes jambes se mettent à courir indépendamment de ma volonté. Mes bras s'ouvrent malgré moi. Ma voix crie Cyril. Il se retourne. Je lui saute dans les bras, le fais tourner sur lui-même, et je l'embrasse goulûment. Rien a foutre des petits vieux qui nous lancent des regards scandalisés, rien à foutre des parents qui attrapent précipitamment leurs enfants pour leur cacher cette vision. Une langue me lèche une oreille. le fait d'avoir celle de Cyril dans la bouche fait tilt. Je m'arrache brusquement de cette étreinte pour savoir qui ose mettre sa langue dans mon oreille. nous explosons de rire en même temps. Le bébé girafe, jaloux de ne pas être le point d'attraction demande un peu d'attention. Nous le caressons. Cyril me glisse :
— C'est la première fois que tu m'embrasse dans un lieu public.
— Et alors ?
— Il faudrait que tu recommences.
— Quand tu veux.
— Tu n'as pas peur de la réaction de tes parents.
— Ils ne sont rien à coté de toi.
— Je ne veux pas que tu aies de problèmes à cause de moi.
— Alors il faut que je te quitte.
Il ne répond rien, son regard se perd. Je lui pose un baiser dans le cou et je lui dis :
— Je plaisante. Tant que tu seras à mes cotés, je peux tout affronter.
Nous nous promenons donc, main dans la main, dans les allées ombragées du Parc. Le regard des gens se pose sur nous, certains sont outrés, d'autres horrifiés, d'autres curieux. Pourtant on ne fait rien de mal. C'est pas comme si on baisait là, devant tout le monde. On se tient juste par la main. Pleins de couples hétéros le font, ils n'ont le droit qu'à des regards d'envie. Je lui dis :
— Tu rentres quand chez toi ?
— J'espérais que tu m'accompagnes.
— Aujourd'hui ?
— Oui.
— On y va.
— Il faut que j'aille chercher mes affaires.
Nous sommes allés dans un immeuble, à deux pâtés de maisons de chez moi. Nous sommes montés jusqu'à dernier étage. Il a soulevé une trappe, m'a invité à rentré. C'est une minuscule chambre de bonne. L'avantage m'a-t-il dit, c'est qu'il peut laisser ses affaires sans crainte de se les faire voler. C'est froid, mais avec deux couvertures, c'est supportable. Il range ses affaires en quelques minutes, puis nous partons. Je remarque avec ironie qu'il est juste coté de chez moi, et que je l'ai cherché partout, sauf près de la maison. Nous allons jusque chez lui.
Après un instant de discussion, je cède. Je frappe à la porte, il attend un peu en retrait. Thomas, décidément, qui ouvre la porte. Il affiche un air surpris en me voyant, mais ouvre la porte en grand et m'invite à prendre un café. J'entre, il est en train de fermer la porte quand Cyril apparaît. Thomas sourit franchement, ils tombent dans les bras l'un de l'autre. Il lui pose un vingtaine de questions avant que Cyril ai eu la temps de franchir le seuil de la porte. Thomas insiste pour que je reste manger avec tout le monde, histoire de fêter son retour. La chambre de Cyril n'a pas changé depuis la dernière fois. Thomas nous laisse ranger ses affaires, il faut qu'il prépare le repas de ce soir. Seuls dans sa chambre, je le regarde s'affairer. Je lui ai proposé mon aide, il n'en veut pas. D'un geste machinal, il relève ses manches. Ses cicatrices apparaissent, monstrueuses. Il suit mon regard tire ses manches d'un geste vif. Je lui demande :
— Ca te fait mal ?
— Oui.
Que dire d'autre après ça ? Il a retrouvé son lit, nous nous sommes enlacés dessus. Il n'y a besoin ni de mots, ni de baisers pour qu'on soit heureux ainsi. Je savoure ce corps retrouvé. J'entends un "A Table" qui me ramène longtemps plus tôt. Quelle innocence à cette époque ! nous y allons, et nous sommes accueillis comme des rois. Tous veulent savoir ce qu'il s'es passé. Je comprends cette réticence à rentrer. Et quand un grand brun demande à Cyril :
— Où tu étais parti ?
Il répond :
— En vacances. Sous les tropiques.
— Vraiment ? Où ça ?
— Oh, un peu partout, Cuba, la Jamaïque…
— Alors tu dois être tout bronzé.
D'un coup sec, il relève la manche de Cyril, qu'il baisse d'un même coup sec. Ses cicatrices. Personne ne semble avoir rien vu. Thomas me fixe du regard. Il a vu et il veut es explications. Il a cependant la loyauté de ne rien dire devant tout le monde. je le laisse se débrouillé avec ses amis, j'écoute et j'observe. Le repas prend fin, soulageant Cyril. Nous retournons dans sa chambre. Thomas nous rejoint :
— Alors, content d'être de retour ?
— Bien sur.
— Tu lui as tout expliqué ?
— Oui.
— Vraiment tout ?
— Oui, vraiment tout.
— Félicitations, tu as trouvé la perle rare.
— Pourquoi ?
— Parce qu'il est encore là et que beaucoup auraient déjà fuit.
— Je sais la chance que j'ai. Mai attention, il est à moi, et n'essaie pas d'y toucher.
— Aucun risque.
— On ne sait jamais.
— Puisque tu semble avoir retrouvé la parole, il va falloir que tu m'expliques quelque chose.
— Vas-y.
— C'est quoi ces marques ?
— Quelles marques ?
— Sur tes poignets. N'essaie pas de nier, j'ai tout vu.
— J'ai pas passé un mois facile.
— Je m'en doute.
— J'ai passé une semaine à l'hôpital.
— C'était un accident ?
— Non, absolument pas.
— Ce sont eux qui t'ont donné l'autorisation de sortir ?
— Non.
— Qu'est ce qu'il me prouve que tu ne recommenceras pas ? Je te préviens tout de suite, je ne veux pas que tu restes si je dois te trouver un jour mort dans ton lit.
— Il s'agissait d'un malentendu.
— Qui a failli te coûter la vie.
— Failli, en effet.
— Tu peux développer ce malentendu ?
— C'était un différent avec Arthur.
Thomas me jette un coup d'œil assassin. Cyril continue aussitôt :
— Qui est réglé maintenant.
— Je l'espère.
— Tu n'es pas ma mère, Thomas, et si je suis revenu, c'est que je veux vivre.
— Tu disais déjà ça l'autre fois.
— C'était pas pareil.
Intrigué je pose la question :
— Quelque autre fois ?
— Cyril a toujours eu des tendances suicidaires. Tu verras très vite de quoi je veux parler.
— Tu n'as pas le droit de faire ça Thomas.
— Cyril, je t'aime beaucoup, comme un frère. Je ne veux plus souffrir à cause de toi. Si tu recommences tes conneries, si tu pars une autre fois, tu ne remets jamais les pieds ici.
— Très bien, je me casse.
— Cyril, CA SUFFIT !!!
— Thomas, je suis libre. Je dispose de ma vie comme je l'entends et si je décide que je ne veux plus de cette vie, je suis libre de me suicider. Si je veux partir parce que cette pièce contient top de souvenir de bonheur avec Arthur, je suis libre de me casser. On est amis, d'accord. Et à ce titre, je te dois peut-être quelque chose. Mais en aucun cas le droit de disposer de ma vie. Tu e refais un coup comme celui là, et tu ne me revois plus jamais.
— Pour qui tu te crois ? Monsieur part pendant plus d'un mois, tout le monde s'inquiète pour toi, on te cherche, je n'en dors plus a nuit. J'apprends que tu voulais mourir, et quand tu reviens il faudrait qu'acclamer, se prosterner à tes pieds, sachant que tu peux prendre un coup de folie n'importe quand ! Ta seule solution c'est la fuite. Tu es incapable de faire face aux problèmes. Si tes parents ne t'avaient pas foutu dehors, tu aurais fugué. Tu ne peux pas passer ta vie à fuir. Restes ici. Avec quoi tu comptes payer un appartement ? Tu veux tapiner jour et nuit ? Il faut que tu apprennes à suivre des règles. Pas un règlement écrit, mais des règles morales. Tu ne peux pas disparaître dans donner signe de vie. C'est pas parce que tes parents t'ont lâchés qu tu ne doit rien à personne. Nous sommes tous liés les uns aux autres.
Ils s'affrontent un moment du regard. Cyril dit :
— Je me casse.
— Comment tu va faire ?
— Je me débrouille très bien tout seul.
— Je vois ça. Tu vas sauter du pont de l'autoroute ou te jeter sous le métro ?
— Connard !
— Cyril, je ne veux pas que tu te méprennes sur mes intentions. Je te l'ai dit, je t'aime beaucoup. et je ne voudrais pas te perdre. Mais vivre en collectivité, ça veut dire qu'il faut respecter certaines règles.
— Je vais me débrouiller. Je sais faire. Je me casse d'ici. Je n'aurais jamais du revenir.
Il range à nouveau ses affaires. Je ne sais que penser de cette décision. Il me semblait qu'avoir un toit comme ça, c'était une aubaine. Mais Cyril a trop besoin de liberté pour supporter ce que lui demande Thomas. Et moi je suis toujours d'accord avec Cyril. Nous partons, sous le regard pesant des autres. Thomas a disparu dans sa chambre. je ne l'ai jamais revu. Je lui propose de rentrer chez moi puisqu'il est déjà tard. Il me dit :
— Ils vont se douter de quelque chose.
— Il faudra bien qu'ils sachent un jour ou l'autre.
— Tu es prêt.
— Oui.
J'ouvre la porte. Mes parents ne sont pas là. Ils sont allés au restau avec Christine. Il faut que je bosse un peu mes cours, je m'installe à mon bureau, il s'assoit sur mon lit. Je ne sais pas par quel miracle j'ai réussi a me concentrer sur mes cours ayant Cyril coté de moi, mais j'ai travaillé mes cours d'une traite, retenant tout, mémorisant des formules incroyables. Je m'épate, parce que je ne me serais jamais cru capable de réaliser une telle chose. Quand j'arrive à la dernière ligne de ma dernière page, je me tourne vers Cyril. Il a posé sa tête sur mon oreiller et dort comme un bébé. J'admire son visage, beau comme un dieu, j'admire ce corps que je rêve de caresser. A travers quels tourments non-avouer est-il encore passé. Est ce qu'un jour je pourrais m'affirmer avec certitude que je sais tout de lui, comme lui sait tout de moi ? mes doigts frôlent ce visage si souvent rêvé, effleurent ses lèvres tant aimées. Ses yeux s'ouvrent brusquement et en me voyant, il me sourit. Il m'embrasse, me bascule sur le lit. L'un sur l'autre, nous nous embrassons, nous caressons, nos mains découvrent encore et toujours nos corps. Le bruit d'une porte qui s'ouvre, les pas de mes parents, des voix qui complimentent le dîner. Je me lève, suivi de Cyril, on va voir mes parents. En voyant Cyril, ils ne marquent pas trop de surprise. Je leur dis :
— Cyril v a rester ici cette nuit. C'est d'accord ?
— Pas de problème.
— Votre soirée c'est bien passée ?
— Oui, c'est très sympa.
— Et Christine va bien ?
— Elle cherche à vendre son appartement. Ou au moins à le louer. Mais elle ne trouve personne. Sinon, elle a trouvé un homme avec qui elle s'entend très bien. tellement bien qu'elle en a parlé toute la soirée. Et vous, bonne soirée ?
— Fantastique. Bon, on va aller se coucher.
— Arthur, il faut que je te parle, seul.
C'est mon père qui vient de me dire ça. c'es bien la première fois qu'il veut me parler seul à seul. mais après avoir capter un regard avec ma mère, je comprends qu'ils veut me parler, au nom des deux, de Cyril. Je ne me suis pas trompé :
— Écoute Arthur, si tu pouvais nous prévenir plus tôt, ce serait mieux. On ne peut pas dire non, maintenant qu'il est là, mais il ne va pas venir toutes les semaines, quand même ?
— Il a des problèmes dans sa famille, il préfère dormir ailleurs.
— D'accord pour ce soir. mais il faut qu'il règle ces problèmes.
— Papa, Cyril est… un très bon ami, je ne peux pas la laisser tout seul. il aurait dormi dehors.
— Je vais en discuter avec ta mère.
La discussion est close. Je n'ai pas pu lui dire qui étais Cyril pour moi. Je pense que mon rêve de voir Cyril habiter à la maison ne se réalisera jamais. Ils ne sont pas d'accord pour le voir deux fois en une semaine, tous es jours, c'est impossible.
Cyril regarde par la fenêtre quand je rentre, il est autant soucieux que moi. Je l'enlace, nous regardons dehors sans échanger un mot.
Le lendemain, au petit déjeuner, ma mère revient sur le débat de la veille. Elle dit :
— Cyril, tu as bien dormi ?
— Oui, merci de m'avoir accueilli.
— Tu as des problèmes avec tes parents ?
Il me jette un coup d'œil rapide, pis il répond :
— En effet.
— De quelle nature ?
— C'est complexe.
J'interviens, parce que je sais qu'il hésite :
— Dis leur la vérité.
— Ils m'ont mis dehors.
— Mais, pourquoi ?
— Parce qu'ils ne pouvaient pas supporter d'avoir un fils homosexuel.
— Homo… et vous avez dormi dans la même chambre ?
cette réflexion de mon père est particulièrement déplacée, mais je décide de jouer cartes sur tables :
— Dans le même lit.
Ma mère s'étrangle dans son café. avant de mon père puisse dire quoique soit d'autre, je dis :
— Nous sortons ensemble. Je l'aime plus que tout. Et c'est réciproque. Ses parents l'ont mis dehors, il dort dans la rue. Alors je lui ai proposé de rester un moment ici. Nous avons dormi ensemble, mais il ne s'est rien passé.
Mes parents sont bouleversés, et devant le silence qui s'installe, je continue de parler. Si je dois, moi aussi, prendre la porte, il faut qu'ils sachent tout.
— J'ai découvert que j'aimais les mecs l'année dernière. A cette même période de l'année. Je suis tombé amoureux de Cyril. Mais j'avais trop peur pour faire la moindre tentative. Finalement, nous sommes sorti ensemble au mois de mai. Depuis nous passons des moments fantastiques. Ce n'est pas une amourette passagère. Je l'aime à la folie.
Mes parents restent sans voix. Ce silence m'oppresse. Cyril passé sa main sous la table, a pris la mienne pour me rassuré. Mon père prend enfin la parole :
— Nous annoncer ça au petit déjeuner !
— Mais enfin, Jacques, tu as compris ce qu'il a dit ?!?
— Écoute Arthur. Je suis ton père et je t'aime. Et si tu aimes Cyril, lors j'aimerais Cyril comme un deuxième fils. Je me fous de savoir si c'est un homme ou une femme, tant que tu es heureux.
— Mais, Jacques, pense à ce que vont dire les gens !
— Tu serais prête à sacrifier ton fils sur l'autel du quand-dira-t-on ?
ma mère ne répond pas. C'est elle qui pose le plus de problème. C'est une surprise. Je pensais que ce serait mon père. Cyril prend la parole :
— Je vais partir. Je ne veux pas poser de problèmes.
— C'est déjà fais, mon garçon. Alors pas question de te débiner. Les garçons, il faut que je parle à ma femme.
Nous sortons de la cuisine. Cet entretien m'a vidé de toutes forces. Cyril me serre fort contre lui. Peu à peu, je reprends confiance. Mon père est avec nous. Il saura convaincre ma mère. La porte s'ouvre, ma mère sort, furieuse, et claque la porte. Mon père nous rejoint. Il dit :
— Il lui faut du temps. Mais elle est d'accord pour que Cyril reste ici pendant une semaine.
Nous sortons. Cyril veut partir de chez moi, je lui affirme qu'il en est hors de question. Nous rentrons tard. Nous mangeons, le silence de ma mère refroidi toute tentative de conversation.
A minuit, nous allons dormir. Après un long baiser, blotti contre lui, je m'endors presque quand je sens une main sur mon épaule. J'ouvre les yeux, mais avant que je pose la moindre question, Cyril m'embrasse. Il me met sur le dos, glisse sous la couette de manière à avoir son visage sur mon torse. Ses doigts glissent sur mes pectoraux, titillent mes seins, caressent mes abdos, plongent dans mon nombril. Sa bouche baise chaque parcelle de mon corps, je gémis de plaisir. Sa langue s'enroule autour de mon nombril, je bande comme un taureau. Tant de plaisir, après tant d'abstinence. Les yeux fermés, je me laisse faire. Il baisse mon boxer, je suis nu dans la lit. Mon sexe bondit hors de sa prison de tissu, se colle contre mon ventre. Cyril caresse, embrasse, lèche, chaque centimètres de mon corps, il descend jusqu'au genoux, mais sans jamais frôler mon sexe, alors que tout mon être se tend pour recevoir un toucher dans cette zone. D'un geste doux, il écarte légèrement mes jambes. Instinctivement, elles s'ouvrent au maximum. Ses mains caressent l'intérieur de mes cuisses. Elles remontent de plus en plus, jusqu'à la base de mes fesses. Il plonge la tête entre mes jambes, et je dois me retenir de ne pas jouir en sentant ses cheveux frôler un instant mon sexe. Ses baisers couvrent cet intérieur qui fait tant de bien. je me laisse faire, totalement soumis à ces caresses. C'est mille fois plus intense que ce que j'ai imaginé. Ses doigts frôlent enfin mes fesses, je reçois de décharges de plaisir. ils remontent dans un partie située entre mon anus et mes couilles, la sensation est intense. Ses doigts s'entortillent autour des poils qui couvrent mes couilles, les caressant. Ils remontent sur ma verge, décalottent le gland. Je dois faire un effort surhumain pour ne pas jouir tout de suite. Ses lèvres, sa langue prennent le relais. Toujours d'une infinie douceur, il embrasse cette zone délicieuse. Il faut a nouveau que je me retienne quand la bouche aspire une couille, joue un moment avec, avant d'aspirer l'autre et lui infliger la même traitement. Je n'ai jamais ressenti autant de plaisir, c'est magique. je ne regrette pas d'avoir tant attendu. Soudain ses caressent s'arrêtent. Il vient vers mon visage et dit :
— Gémis pas si fort, tes parents vont pas pouvoir dormir !
— Continue, je t'en supplie.
Je devine qu'il sourit quand il répond :
— Vraiment, tu es sur ? Tu aimes ?
— Cyril, continue.
il replonge sa tête vers mon sexe. Il lèche sous les couilles, le gobe, embrasse ma verge. Il s'arrête encore :
— Est ce qu'il faut que je te bâillonne ?
Il me donne un oreiller, j'étouffe mes gémissements dedans. Ma bite est tellement tendue qu'elle me fait mal. Il recommence directement vers ma verge cette fois. Il l'embrasse, remonte lentement vers le gland. D'une main il le décalotte, de l'autre il l'embrasse. Je retiens de toutes mes forces cette sève que je sens monter. Quand il commence a enroulé sa langue autour du gland, je ne tiens plus et jouis en de longues et nombres éjaculations. Il avale tout, je sens pour la première fois une aspiration lente qui nettoie parfaitement le reste de mon sperme autour du gland et dans mon conduit. Je soupire de plaisir, murmure un merci. Il revient vers mon visage, m'embrasse. Je goûte mon sperme. Il me l'aurait donné à lécher, je ne l'aurais pas fait. Mais mélanger au goût de sa bouche, il prend une toute autre valeur. Notre baiser dure longtemps avant que je ne le retourne. A mon tour, je le caresse, je l'embrasse, je lèche toutes les patries possibles. Je fais comme lui, c'est la première fois que je couche avec un mec. C'est aussi la première fois que je découvre son corps avec sa permission. Je prends beaucoup de satisfaction a l'amener près de la jouissance. J'aime sentir sa queue vibrer sous mes coups de langue, j'aime entendre la voix de Cyril m'implorer d'aller plus vite. Comme lui s'est arrêté deux fois, j'espace chaque mouvement de langue de plusieurs secondes, pour qu'il dure plus longtemps. Je n'ai aucune expérience, mais je suis mon intuition, et ses désirs. Tant que je sens qu'il prend du plaisir, je continue. Son sexe me fascine, peut-être parce qu'il est un peu plus gros que le mien, peut-être parce que c'est le premier que je vois, enfin que je suce. En tout cas, quand il jouit, j'avale tout son sperme avec plaisir parce que le responsable de sa jouissance, c'est moi. Cette fois encore, nous nous embrassons. J'ai jouit il y a pas longtemps, mais pourtant, je suis toujours autant excité. Cette fois, c'est lui qui me retourne. Il pose son corps contre le mien, cette pression, son poids me sont agréables. Sa queue frotte un instant contre la mienne, m'envoynt chaque fois des ondes de plaisir. il se tourne, regagne sa place dans son lit. Fouille dans ses affaires. Je ne veux pas qu'il s'arrête, je ne pourrais jamais dormir dans un tel état d'excitation. Je me penche vers lui, mais d'une geste autoritaire, il me ramène à ma place. Il se glisse à nouveau sous la couette, lèche mes couilles, ma queue. Je bande comme si je n'avais pas jouit il y a quelques minutes à peine. Il s'attarde sur cette zone magique, ente les couilles et l'anus. Il sait que j'aime, parce qu'il continue un bon moment. Il m'écarte les fesse, caresse l'intérieur. je me laisse faire, concentré uniquement sur cette sensation fantastique. Il met sa langue, lèche autour de mon trou. Je n'aurais jamais penser qu'on puisse avoir autant de plaisir avec cette partie du corps. Sa langue titille mon trou, cherche à s'enfoncer plus encore. je m'avance sous ses caresses.
Il enfonce un doigt dans mon trou, j'aima ça. je bande dur, mais je ressens un plaisir nouveau pour mon anus. Ce doigt est bientôt rejoint par un autre, et trésaille légèrement. Cette sensation est tout de même étrange. Le léger va et vient de ses doigts m'existe rapidement, et je voudrais qu'il en mette d'avantage, plus profond. Je me tortille de bien-être. Il me lèche encore le trou. Soudain, tout contact cesse. Je m'inquiète, me relève légèrement. Aussitôt, un élément inconnu approche de mon trou palpitant : sa queue, encapuchonnée de latex. J'ai peur de la douleur, et j'attends avec appréhension la pénétration. Elle se présente, lentement, et cherche à entrer. Force le passage. Il se retire, mouille encore mon trou. Cette fois, il force carrément, et pénètre son gland. La douleur tant redoutée est là, j'ai mal et je veux qu'il stoppe tout de suite et qu'il me laisse dormir. Il ne bouge plus, m'embrasse dans le cou. La douceur de ses baisers m'aide a surmonter la douleur et quand il s'enfonce lentement en moi, je ne ressens plus aucune douleur. Son pénis est tout entier en moi, il ne bouge plus, m'embrasse encore. Délicatement, il entame un mouvement de va et vient, il frotte sur ma prostate, je gémis de plaisir. il poursuit ainsi quelques secondes, mais devine très vite que je veux plus de force, moins de délicatesse. Ses mouvements se font plus rapides, plus amples, je le sens entrer et sortir de moi. Chaque fois qu'il sort, je ressens un immense vide, un trou qui ne veut pas se refermer, et je prie pour qu'il revienne. Chaque fois il me pénètre avec plus de violence, plus de force. Je veux le sentir encore plus profond, plus large, j'ai besoin de cette sensation. Jeune novice totalement convaincu aux charmes de l'art délicat de la sodomie. Je suis au bord de la jouissance depuis un moment déjà, Cyril continue à ma limer sans faiblir, quand je sens son sperme gicler dans mes entrailles. Là, sans que je me touche, j'explose en longues giclées de sperme. Je suis comblé, heureux. Il sort délicatement de mon anus. Je l'embrasse comme un fou. Je le retourne et lui dit :
— A toi, maintenant.
— Non.
— Tu vas voir, c'est génial !
— Je connais merci.
Son refus me blesse et m'intrigue. Je lui demande :
— Pourquoi pas ?
— La dernière fois que je me suis fais enculer, j'ai hurlé ma douleur tout le long.
— Et la première ?
— C'était un viol. Pendant que j'étais dans la rue.
Je l'embrasse. Offrir mon amour, c'est la seule chose que je puisse faire. Je lui dis :
— Je ne te ferais pas mal, mon chéri.
Tout en douceur, j'humidifie son trou. J'aime sentir cette saveur particulière, j'aime son odeur. Je le prends avec douceur, avec amour. Je jouis en lui, il jouit sur mon ventre. Nous nous endormons, enlacés. Je suis comblé, je l'aime.
Le lendemain, le réveil sonne, je dois aller en cours. Je me lève silencieusement, je me prépare. Il dort encore, heureux. Quand j'appelle a la maison, il n'y a personne pour répondre. C'est pourtant midi, et Cyril devrait être réveillé. Le soir, quand je rentre, il n'est pas là. Je suis bien évidemment fou d'inquiétude, il faudra que je lui fasse promettre de ne plus disparaître ainsi. Mon téléphone sonne. Mon cœur bondit quand je reconnais la voix de Cyril. J'entends :
— Arthur, il faut que tu viennes me chercher.
— Est ce que tout va bien ?
— Pas vraiment.
— Qu'est ce que tu as encore fait ?
— Viens vite, s'il te plait.
— Où tu es ?
Cyril m'indique une rue, un immeuble, un étage. Je me précipite. Ce que je crains le plus, c'est son état de santé. Je me dis qu'il étais avec un client, que ça a mal tourné. Je me sens blessé parce que maintenant que nous somme ensemble, nous vivons ensemble, chez mes parents, je refuse qu'il continue. Le savoir dans les bras d'autres personnes me dégoûte. J'arrive enfin au lieu de rendez vous. C'est un immeuble sordide, glauque, je frissonne à l'id&e d'entrer. Pourtant, je sais que Cyril a besoin de moi, j'y vais. À l'étage indiqué, trois portes. Deux fermées et une entrouverte. Avec beaucoup de précaution, j'entre. Je franchis la porte en appelant Cyril. Personne ne me répond. Je l'imagine, baignant dans son sang, mort. Je ferme la porte. Soudain, quelque chose me saute dessus. Quelqu'un plutôt. M'embrasse dans le cou. Je me retourne d'un geste brusque. Cyril est là, un sourire jusqu'aux oreilles, une flamme de malice dans les yeux.
— Espèce de salaud, je te croyais mort !!
il explose de rire, et malgré moi, je n peux m'empêcher de l'imiter. Nous rions aux éclats. Puis, reprenant son sérieux, il me dit :
— Comment tu trouves cet endroit ?
— Affreux, allez, on s'en va
— Tu vois cet appartement ?
— Oui, je le vois.
— Je viens de la louer pour un an.
— Pardon ?!?
— Je ne vais pas toujours habiter chez toi. Surtout que ta mère n'apprécie pas trop. Je vais vivre ici.
— Mais… et moi ? Avec qui je vais dormir ?
— Si ce n'est que ça, je peux toujours t'acheter une peluche.
— Salaud.
— Je pourrais peut-être négocier un droit de visite.

Si j'ai écris cette histoire, mon histoire, c'est parce que Cyril, qui a emménagé il y a un mois maintenant, m'a demandé de vivre avec lui. Quand je repense à tout ce que nous avons vécu, tant de choses extraordinaires, à cet amour incompréhensible qui me dévore, je remercie le destin de nous avoir fais vivre si intensément nos sentiments. Vivre ensemble nous permettrait de franchir un pas dans notre vie de couple, et surtout nous éviterait de faire l'amour avec un coussin sur la bouche pour la discrétion. Quand à savoir si je vais accepter…




Diffusez votre publicité sur nos textes pour tous publics en 468x60 ou 728x90, nos textes pour adultes en 468x60 ou 728x90
Les textes diffusés ici sont la propriété de leurs auteurs respectifs et de TextesGais.com. Tous droits réservés.
Site muni du tag ICRA pour la protection des mineurs.
Editeur : Editions textes gais. Hébergeur : Olf Software.
(c) Textesgais.com


Retour à la liste des textes 

Site protégé par copyright et conception JL productions © 2009 - Les textes diffusés ici sont la propriété de leurs auteurs respectifs et de TextesGais.com. Tous droits réservés. Site muni du Tag ICRA pour la protection des mineurs . Editeur : Editions Textes Gais - Hébergeur : Olf Software